Fédération Française des Amis de la Vieille Amérique

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Deadwood 1876

Du 05/02/2027 au 07/02/2027 à 10:00

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  • Association Maryl&Clark - CAUVIGNY
  • Durée : 2 jours pleins, arrivées le jeudi, départs le di

Camp uniquement sur invitation ( à venir! )

Deadwood dans les premiers mois de son existance légale, voici le propos de ce camp qui fait suite aux 2 camps organisés à l'AWAlpilles : l'Expédition Custer de 1874, puis le camp Fort Langtry - Black Hills 1876 au terme duquel les indiens n'ayant pas regagné leur réserve ont été déclarés hostiles. L'armée ouvrant ainsi la porte des terres sacrées aux colons et prospecteurs blancs. Deadwood est décite dans la presse comme la nouvelle Sodomme de l'Ouest et la nation toute entière regarde vers ces colines et l'or qu'elles recèlent.




Extrait du journal d'un village du Wyoming...
 

LITTLE CITY, WYOMING,  TUESDAY, APRIL 11, 1876. NO. 1.

The Shamroch Rag

An Independant Newspaper published by The Four Leaf Clover Co.

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L’OR ET LE SANG : CHRONIQUES DES COLLINES MAUDITES

Par notre envoyé spécial dans les Black Hills.

LITTLE CITY, WYOMING — Voici deux hivers que j’ai quitté le Fort Langtry après avoir couvert l’expédition du général Custer. À l'époque, sous la bannière du New York Tribune, ma plume s'était faite l'écho des promesses de fortune enfouies dans les Black Hills. Aujourd'hui, c'est pour la nouvelle presse libre de notre jeune territoire que je reprends le chemin de l'aventure. 

L’Ultimatum de la dernière chance

Le voyage en diligence vers le Dakota, en ce rude mois de janvier 1876, fut un calvaire de glace et d’acier. Par deux fois, le plomb a sifflé à mes oreilles : des bandits de grands chemins, enhardis par l'odeur du gain, hantent les pistes comme des loups affamés. J'escomptais assister à la lecture de l'ultimatum gouvernemental au Fort Abraham Lincoln, mais la route en a décidé autrement.

Le lecteur doit comprendre l’enjeu : le Traité de 1868 n'est plus qu'un chiffon de papier. L’armée, débordée par le flot des pionniers, a baissé les bras devant le droit du sang et de la pioche. À Washington, on a tenté d’acheter ces terres sacrées, mais il est des âmes, chez les nations Sioux, que l’or de l’homme blanc ne saurait corrompre. En réponse, le Département de l’Intérieur a jeté le gant :

« [...] tous les Indiens vivant hors de leurs réserves devront s'y rendre avant le 31 janvier 1876 ; à défaut, ils seront considérés comme hostiles et remis au Département de la Guerre. » Un décret condamné d'avance par la morsure de l'hiver, servant de simple prétexte au fer des baïonnettes pour laver l'affront du « Crime de 73 ». Car ne nous y trompons pas : c’est l’or des collines qui doit panser les plaies d’une économie ruinée par la démonétisation de l’argent.

Le Fort de la Discorde : Ragots et Privations

À mon arrivée au fort, l’accueil fut sinistre. Un chien errant traversa la cour, serrant entre ses crocs un avant-bras humain dont l'état de décomposition n'augurait rien de chrétien. La boue du Dakota, semblable à un nourrisson affamé, tentait d'engloutir mes bottes à chaque pas.

Au Mess des officiers, l'atmosphère était lourde. Mes anciens écrits sur la troupe n'avaient pas laissé que des amis. On m'offrit un verre de liqueur avec la condescendance due aux scribes, tandis qu'une boîte à liqueurs ouvragée trônait sur la table, tranchant avec la misère du lieu. J'y retrouvai le Pvt Berny sous le rasoir du barbier, et l’indélicat Pvt Billy qui m'offrit obligeamment une chaise... précisément placée sous une voie d’eau dans le plafond.

Le Caporal David White tient toujours les rênes. L’homme se porte plus que bien dans son uniforme impeccable, mais les murs de son antre, tapissés d’artisanat indien perlé et peint, murmurent d'étranges récits. On raconte au fort que les rations destinées aux réserves voisines s’égarent parfois avant d’atteindre les ventres rouges... La soirée de bienvenue, bien que courtoise, fut le reflet de ma nouvelle condition : le banquet était à l’image de ma modeste presse locale, bien loin des fastes de la capitale, mais les épouses des officiers ont déployé tous leurs talents et leur grâce pour rendre la soirée agréable. 

 

J'y fis la connaissance de Barry Cooper, photographe dépêché pour immortaliser les exploits du Caporal, et d'un dénommé Ted. Ce dernier, entre deux verres levés « à Bill, le meilleur des hommes », m’abreuva de scandales que la pudeur m’interdit de relater ici. Je compris avec effroi que le « Bill » dont il pleurait la perte était probablement le propriétaire originel de l'os que le chien du fort rongeait encore dehors... 

 

Le Fer de Lance de la Politique de Grant

Le lendemain, sous un ciel de plomb, j'assistai à l'inspection des troupes. Le Caporal White se targuait d'offrir au Président Grant une unité d'élite. Si le drill était impeccable, les visages étaient ceux de vétérans dont le cuir était usé par les ans plus que par la gloire, et dont la carcasse semblait peu faite pour les reliefs escarpés de la région. Pourtant, lors d'une patrouille, ils firent preuve d'une efficacité redoutable : des « hostiles » auraient été repérés. Avant même que je ne puisse apercevoir l'éclat d'une plume, la fusillade avait mis en déroute ces ombres sauvages.

Mais derrière le décor de théâtre, le ver est dans le fruit. La désertion ronge les rangs. La veille de mon arrivée, un soldat s'est volatilisé avec deux civils vers Deadwood ; ils sont revenus quelques heures plus tard, mais sous forme de pelotes d'épingles, criblés de flèches. Plus sombre encore : des rumeurs circulent sur des exécutions sommaires ordonnées par la hiérarchie pour décourager les fuyards. Information que je livre avec la prudence du reporter, mais la conviction de l'honnête homme.

Quant aux renforts de la Compagnie H, ces « excités du Texas », leur réputation de gâchette facile n'est pas usurpée. Le Sergent Smith m'a avoué avoir dû abattre l'un des prospecteurs, frappé par la démence de la fièvre de l'or. Ici, l'ennemi n'est pas seulement derrière un tipi ; il est dans chaque regard brillant de convoitise.

Le Massacre et la Cité de l'Impiété

L'ultimatum expiré, l'armée a frappé. Un camp fut encerclé au point du jour. Sans sommation, le plomb a déchiré la toile et la chair. Dans la fumée âcre, les corps s'empilaient devant les demeures de peaux. Au cessez-le-feu, les soldats déposèrent des « souvenirs » sanglants aux pieds du Caporal White. On cherchait des guerriers, on ne trouva que des ombres.

C’est sur ce chemin de désolation que j’ai enfin atteint Deadwood. La cité n’est pas bâtie, elle est jetée au fond d’une faille, une plaie boueuse de deux milles où les souches d’arbres disputent le passage aux attelages. L'eau y est si saturée de paillettes qu'elle en devient imbuvable sans filtre. Le vacarme des "rockers" et des pianos désaccordés crée une symphonie du chaos qui ne s'arrête jamais.

Que le lecteur se garde de tout idéalisme : Deadwood est un creuset de vice où l’honneur se dissout dans le whisky frelaté. Mais alors que nos usines de l'Est se taisent, c'est ici que bat le pouls de l'Amérique. Venez armés, messieurs, car si Deadwood est la Sodome de l'Ouest, son or est le sang pur qui sauvera notre République. À Deadwood, le diable mène la danse, mais Dieu a enterré son trésor sous ses pieds.

Samuel J. Bowles

 

Black hills 1876 63

Organisateur

Association Maryl&Clark CAUVIGNY Oise

Maryl&Clark